Orphée et Eurydice: Pina Bausch fait danser l'opéra au Palais Garnier

Après la création mondiale de Roméo et Juliette, l'Opéra et le Ballet fusionnent à nouveau dans cet opéra dansé, chorégraphié par Pina Bausch. La chorégraphe fait s'enflammer la musique de Gluck et confère au mythe tragique d'Orphée une beauté sublime.

Rien ne résistait  à la musique d'Orphée, ni les bêtes, ni les arbres, ni les pierres, ni les fleuves qui détournaient leur cours. Lorsqu'à la veille de leurs noces, sa fiancée Eurydice mourut, piquée par une vipère, il alla par amour là où aucun homme n'oserait s'aventurer - aux Enfers. Par la beauté de son chant, il obtint du dieu des morts lui-même de ramener son amante. A condition de ne pas se retourner sur elle avant d'avoir retrouvé la lumière du jour. Mais Orphée n'y tint pas et vit Eurydice disparaître à jamais dans l'ombre. Le mythe n'est pas naïf, dira Sylvie Germain, s'il sait que l'amour peut parfois se montrer plus fort que la mort, il sait également qu'il suffit d'un quiproquo pour l'anéantir...

La chorégraphie de Pina Bausch
Parce qu'elle dépasse les cultures et les langues, Pina Bausch considère la danse comme le seul véritable langage. Une danse qu'elle libère de tout accessoire superflu afin d'en rendre visible et perceptible l'essence même. La chorégraphe prend à bras-le-corps la souffrance d'Orphée, une souffrance que l'homme doit surmontée en affrontant ses désirs inassouvis.

Orphée et Eurydice, Pina Bausch (Bel Air Média)