Smooth danger, Grand Pianoramax

Une nouvelle fois, les marchands de musique ne manqueront pas de préciser que cette musique est inclassable. Que la batterie de Grand Pianoramax relève davantage de la boîte à rythmes que des peaux frappées. Que les claviers (K-Station, Harmonium, Phillichorda) sont si filtrés qu’ils paraissent nés en éprouvette. Le génie de Grand Pianoramax tient du renoncement. Savoir qu’aucune étiquette ou label ne le résumera. Mais que la scène, et la fabuleuse énergie urbaine convoquée, jouent pour eux. On ignore pour l’heure quel nom il faut donner à cette musique. Mais il y a, dans cette débauche de robots organiques, quelque chose dimpérieux qui décrit parfaitement le sentiment particulier de notre époque.Cette musique donne à voir des mégalopoles de béton fondu qui prendraient vie. La brûlure postmoderne, le melting-pot ruminé, dune génération qui dévisage le monde un instant avant quil ne sévapore.

Smooth Danger, Grand Pianoramax (Obliq Sound)