Le petit génie de Diaghilev 

           Né à Saint-Pétersbourg, il suit, forcé par sa mère, les cours de danse de l’école de danse du Mariinski pour lequel il est engagé dès 1898 et nommé premier danseur en 1904. Il trouve le temps de donner également des cours, ce jusqu’en 1911. Ses élèves lui servent alors de matières premières pour ses débuts dans la chorégraphie.

            Ces galops d’essai sont d’ailleurs largement exploités par Serge de Diaghilev lorsqu’il part à la conquête de Paris avec ses Ballets Russes (1909/12). Quittant définitivement la Russie en 1918, il est le chorégraphe invité de nombreuses compagnies à travers le monde : Angleterre, France, Etats-Unis, Monte Carlo (1935-37), Russie (1938-39). Il rénove par la même occasion le ballet classique avec cette volonté de lui insuffler une sensibilité nouvelle, s’éloignant ainsi du style Petipa. Curieux de nature, il sera fortement impressionné par les danses d’Isadora Duncan. Dès ses premières œuvres (La mort du cygne, 1907, Les Sylphides, 1908) il jouit d’une indépendance artistique au sein des Ballets Russes de Diaghilev, moins guindé que l’institution Mariinski.

            Pour lui l’importance du décor, des costumes, et de la musique est capitale et se doit d’être en harmonie. Pensant que la danse est à même d’illustrer seule l’action dramatique, il bannit les mimiques et autres divertissements. Ses courtes danses, chargées émotionnellement, mettent en scène et au même niveau le corps de ballet et les solistes. Le spectre de la Rose, Shéhérazade, Daphnis et Chloé, l’Oiseau de feu ou Petrouchka sont aujourd’hui des classiques, danses virtuoses, bien souvent servis par des danseurs- génies (Ninjinski, Pavlova), témoignent du talent de l’homme.