De ce chaos naît le mouvement 

           

            Passé son adolescence rock’n’roll et jazzy où il suit les cours du Joffrey Ballet (puis l’intègre en 1971), il rejoint le ballet Stuttgart. Encouragé à chorégraphier dès 1976, il signe un duo pour première œuvre : Urlicht.

            1984 reste l’année où il prend la direction du Ballet de Francfort qui gèrera jusqu’en 2002, en même temps il ne cesse de travailler pour les opéras de Berlin, Paris (France/danse, 1983, In the Middle, Somewhat Elevated, 1987), NDT, San Francisco Ballet, NYCB (Herman Sherman, 1992).

 

            1984 est également l’année d’ Artifact, ballet fondateur du style Forsythe qui fait les beaux jours des théâtres mondiaux. Sa danse néo-classique d’une virtuosité rarement atteinte (ce qui lui vaut le faux- titre de nouveau Balanchine), électrique et faussement théâtrale émerveille immédiatement. Entouré d’une équipe soudée et pérenne (compositeur : Th. Willems, corps de ballet fidèle…) il élabore des œuvres complexes où le déséquilibre et la vitesse sont rois et devient ainsi le symbole de l’intégration d’une certaine modernité par le monde classique (Impressing the Czar, 1988. Enemy in the figure, 1989).

 

             Les lumières hystériques et glaciales rajoutent à ses ballets un aspect sec et tranchant, comme le sont ses mouvements. La technique du « ghosting » (qui démarre avec Loss of Small Detail, 1991) qu’il développe devient la caractéristique de son style : un enroulement du danseur sur son propre corps, comme si celui-ci était un partenaire ou son propre fantôme.

            Depuis 2001, il se tourne vers une danse un peu plus expérimentale, laissant son néoclassique si particulier de côté : le public un brin décontenancé au début se rallie pourtant vite à ses nouveautés (Three Atmospherics Studies thème sur Proche-Orient, One flat thing, reproduced, Limb’s theorem)