Le grand Monsieur de la danse allemande            

           Célèbre élève (puis assistant) de Rudolf Laban dès 1921, Kurt Jooss s’illustre au sein de la Tanzbühne où il crée ses premières chorégraphies (solos et duos). En 1926, il crée la New Tanzbühne, futur Ballets Jooss aux accents expressionnistes très prononcés. En parallèle, infatigable pédagogue, il ne tarde pas à créer une école à Essen (1926).           

           Un an plus tard vient le Folkwang tanztheater Studio (FTS), compagnie qui devient celle du théâtre d’Essen. L’ascension de Jooss est rapide et trouve son point d’orgue avec l’attribution de la médaille d’or du Concours international de danse de Paris et le succès mondial du ballet La table verte (1932). En fuyant l’Allemagne nazie pour l’Angleterre, il continue de sillonner le monde avec les Ballets Jooss.            

           De retour en 1942 dans une Allemagne ravagée, après la dissolution de la compagnie, il reprend la direction de son école., remettant même le FTS en danse et ne cessant pas d’enseigner même après sa retraite en 1968. Inventeur du Tanztheater, il met au point une pédagogie basée essentiellement sur la personnalité de chaque danseur et la recherche consciente. Il oublie le danseur pour privilégier l’homme qui danse. Sa danse, première à opposer un contre- modèle au Ballet en Allemagne sous le joug du tout individuel Ausdrücktanz, est caractérisée par la dramaturgie du geste : les attitudes et les actions puisent leur inspiration dans le quotidien côtoyant parfois des pas plus codifiés. Autres oeuvres engagées: Pavane pour une infante (1929), Grossstadt (1932/35), Ein Ball in Alt Wien (1932).