Le choréauteur 

           Formé par la talentueuse Ninjinska, il rejoint les Ballets russes de Diaghilev en 1923 où il devient premier danseur deux ans plus tard. Créant les rôles principaux des ballets de Léonide Massine (Ode) ou encore Balanchine (Apollon musagète).

            Il réalise sa première chorégraphie en 1929 : Renard.  La même année décède Diaghilev, et Lifar reprend la direction de ce ballet. Dès lors il cumule les casquettes de danseur et chorégraphe. De 1930 à 1946, il est le maître de ballet et premier danseur de l’opéra national de Paris. A la libération, il en est renvoyé au motif de collaboration, rejoignant un temps la direction des Nouveaux Ballets de Monte Carlo. Il est cependant rappelé à Paris en tant que maître de ballet (1947/58).

            Véritable VRP de la danse classique à la russe, il crée pour la quasi-totalité des grands ballets jusqu’en 1969. Plus de 200 ballets seront ainsi crées.

Ses premières œuvres (Créatures de Prométhée, 1929) sont dynamiques, expressives et dans la veine moderne des Ballets Russes. C’est en 1935 qu’il signe son brûlot avec Icare (chorégraphie sans musique), revendiquant par la même occasion un statut de « choréauteur ». Vient ensuite une période dite héroïque, inspirée des mythes antiques, des héros solitaires et virils.

Suite en blanc (1943) et Les Mirages (1947) sont ses œuvres les plus abouties, posant les bases du futur néo-classicisme qu’il expose dans ses nombreux ouvrages (Manifeste du chorégraphe, 1935 ou Traité de chorégraphie, 1952)

            Excellent danseur au physique de rêve, Serge Lifar n’aura de cesse d’interpréter les personnages les plus glorieux ou glamour, le magnifiant encore plus.

En tant que chorégraphe, il contribue au renouveau de la danse française en révolutionnant l’organisation de l’opéra de Paris, élevant techniquement le niveau de la compagnie, en jetant les bases du néo- classique avec la création de la sixième et la septième position mais sa manière, un brin despotique, de diriger cette institution va considérablement freiner son ouverture sur le monde contemporain.