La chute

           C’est en assistant en tant que spectateur à une représentation de danse que le jeune José Limon, âgé de 20 ans, trouve sa vocation. Il rejoint la troupe de Humphrey/Weidman, après avoir suivi leur classe (1930/40) tout en s’essayant avec succès à la chorégraphie (il sera un des premiers à être récompensé lors du concours du Bennington College).

            Après la guerre, il crée sa propre compagnie en 1946, gérée artistiquement par Doris Humphrey qui lui crée de nombreux ballets : Lament for Ignacio Sanchez Mejias (1946), Day on earth (1947) ou encre Ruins and visions (1953). Les tournées mondiales, les invitations prestigieuses à enseigner dans les universités font de José Limon un des chorégraphes les plus réputés de sa génération. A sa mort, la compagnie Limon survit à travers une activité pédagogique et artistique intense.

            Puissant, viril, noble, le corps de José Limon est la parfaite incarnation des idéaux de Doris Humphrey, son mentor. L’œuvre du chorégraphe gravite autour de la « tragédie fondamentale de l’homme et la grandeur de l’esprit humain » dans le sillage humaniste d’Humphrey dont il se prétend, à juste titre, continuateur. Il travaille principalement l’oscillation fondamentale de l’être (équilibre/déséquilibre… à rapprocher du fall/recovery d’Humphrey.) dont Missa Brevis (1958) est l’exemple le plus parfait.

            Sociale, politique (La Malinche, 1949), dramatique (The Moor’s pavane, 1949), la danse de José Limon a la  chute comme élément fondateur et principal. D’elle se libère et se construit tous les mouvements et pas à venir.

 

http://www.limon.org