Le félin

           Enfant de danseurs polonais, il se forme au classique au sein de l’école de danse de Saint- Pétersbourg dès ses 9 ans. Danseur vedette du Mariinski (1907/09), il rejoint les Ballets russes de Diaghilev dont il devient la perle rare. Partageant sa carrière entre les deux compagnies, il se voit contraint de quitter le Mariinski en 1911 à cause d’une tenue trop légère portée lors d’une représentation de Giselle. Devenue star en Europe, il participe à toutes les créations de Michel Fokine mais son mariage l’éloigne des Ballets russes. Danseur à la technique irréprochable et au pouvoir de séduction imparable, il brillera dans des pièces comme Shéhérazade, les Sylphides, Petrouchka et le Spectre de la rose. Avec le soutien de son mentor Diaghilev il s’essaye avec talent, modernité et provocation à la chorégraphie : Jeux, l’après midi d’un faune (1912), le Sacre du printemps.

Abordant la création comme une démarche expérimentale, il s’appuie sur un langage gestuel abstrait révolutionnaire pour l’époque. Suite au scandale suscité par sa première création, Nijinski persiste et signe avec Le sacre du printemps (1913), ballet qui rejette tous les préceptes de la danse académique. Nouveau scandale face à cette danse tout en cassures, en –dedans. Elle ne sera jouée que 8 fois, mais marque l’histoire de la danse. En 1987, le Joffrey ballet exhume le ballet et le joue à guichet fermé dans le monde entier.

            Nijinski réintègre l’équipe de Diaghilev dès 1916 pour la grande tournée américaine où il crée sa dernière pièce Till Eulenspiegel. A la fin de cette tournée, il se retire en Suisse où il sombre dans la folie dès 1919.