| PUBLICITE |
|
14 Juillet 2007
Motion, not emotion Alwïn Nikolais découvre le milieu de l’enseignement de la danse, à travers son activité de pianiste. Un récital de Mary Wigman (1933) le marque tellement qu’il décide de s’initier à cet art avec un des élèves de la chorégraphe allemande. Il devient réellement professionnel à partir de 1939 ( Eight Column line) suite à sa rencontre avec Hanya Holm. Après guerre, il poursuit sa formation auprès de son mentor dont il devient assistant. En 1948, il prend la direction du Henry Street Playhouse où il met en scène des spectacles très apprécié tel Mask (1953) mais c’est avec Kaleidoscope qui connaît son premier grand succès, oeuvre qui jette les bases du style Nikolaïs, théâtre de l’abstraction. La télévision participe au succès de ce nouveau chorégraphe, filmant ses spectacles colorés et télégéniques. Les années 60 sont celles de la pédagogie, le chorégraphe donne des stages très suivis à Salt Lak City, tout en formant sa muse Carolyn Carlson. 1968 est l’heure de la reconnaissance mondiale grâce au chef d’œuvre : Tent et Somniloquy, œuvre de théâtre total mêlant mouvement, couleur, forme et son. Il ne cesse dès lors d’étonner, de détonner, proposant des œuvres lumineuses, pleines d’effets d’optiques, de tours de passe-passe aux plus grands opéras du monde et à sa compagnie. On lui reproche de déshumaniser le danseur, le cachant derrière des objets, des projections- vidéo mais Nikolaïs ne souhaite en fait qu’élargir la dimension physique dans l’espace. Ces concepts spatiaux sont en partie tirés des théories de Laban ppliquant toujours ses deux concepts principaux (décentralisation et intelligence du mouvement) à des œuvres magnifiques (Scénario 1971, Blank on blank 1987, Aurora 1992). En élargissant les limites du corps dans l’espace via des tissus et des accessoires, il invente un vocabulaire non codifié, sensitif et conscient de ses fondamentaux (espace, temps, motion et forme) et une œuvre faîte d’illusions scéniques et qui cherche à dédramatiser le mouvement à l’instar de Cunningham. De 1978 à 81, il sera le directeur du CNCD d’Angers, formant ainsi toute une lignée de chorégraphes de la nouvelle danse française.
|
Lettres |