L’éblouissante comète de la nouvelle danse française

           C’est à Cannes, chez Rosella Hightower que Dominique Bagouet se forme au classique avant de rejoindre les deux grandes compagnies que sont le Ballet du Grand Théâtre de Genève et les Ballets du Vingtième siècle. Mais les seventies naissantes bousculant enfin la danse française et l’ouvrant au contemporain, Dominique Bagouet s’engouffre dans cette brèche, suivant les classes de Carolyn Carlson et de Peter Goss. Fort de son 1er prix remporté au Concours de Bagnolet avec Chansons de Nuit en 1976, il se lance dans la chorégraphie à un rythme effréné.

            Le succès va grandissant si bien qu’en 1980, il est un des premiers chorégraphes issu de la Nouvelle Danse Française à décrocher un poste de directeur de CCN (Centre Chorégraphique National). Celui de Montpellier.

            Insaisies (1982) pose les bases de son travail : l’interrogation et la mise à distance de l’héritage classique. Mais c’est Désert d’amour (1984) qui retranscrit le mieux le style Bagouet, ce « baroque contemporain » comme on le nomme parfois. Attaché à la rigueur tant du côté du mouvement (impressionnant travail des mains et poignées) qu’à la composition spatiale, chaque œuvre n’en décèle pas moins des micros failles, effondrements, asymétries. De pièce en pièce, il ne cesse de questionner son art, voire de le critiquer et déconstruire. A partir de ses 2 pièces fondatrices F et Stein (1983, son solo le plus cathartique) et Désert d’amour (1984) il construit une œuvre peuplée de personnages ambigus, parfois raffinés, révoltés, abstraits ou angoissants.

Les pas y sont tour à tour harmonieux et rigoureux ou sombres et anarchiques à la F et Stein. Parmi ses nombreux chef d’œuvres : Le crawl de Lucien (1985), Assaï (1986), Jours étranges (1990), So Schnell (1992).

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