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13 Juillet 2007
« La dame de Wuppertal » Elevée dans la sombre Ruhr industrielle d’après-guerre, Pina Bausch commence très tôt la danse auprès du grand chorégraphe allemand de l’époque : Kurt Joos. Brillante, elle obtient à 19 ans le Prix Folkwang avant de s’envoler aux USA pour poursuivre sa formation à la prestigieuse Julliard School. De retour en Allemagne, en 1962, elle intègre vite la compagnie de Joos, devenant assistante et professeur de son école. Son coup d’envoi chorégraphique Im wind der Zeit (1er prix au concours de Cologne) annonce son édifiante œuvre à venir qui ne cesse de questionner la condition humaine. Elle ne tarde pas à diriger le ballet de Wuppertal (1974) mais afin de ne pas choquer un public encore réactionnaire, elle alterne les reprises des grands classiques (Orphée et Eurydice ou encore Le sacre du printemps) et ses propres recherches. Recherches qui bouleversent le monde du théâtre et de la danse tout en provoquant l’Allemagne bourgeoise et étriquée dans son passé. Rien ne l’amuse autant que critiquer le système social hypocrite dans lequel elle vit. Rares sont les personnes qui adhérent à son style lyrique et désespéré à la fois, pourtant proche du populaire Kurt Joos. A partir de 1976, elle construit son propre langage, abandonnant peu à peu la danse et le mouvement pour un travail introspectif à l’orée du théâtre. On parle alors de Tanztheater, de spectacle hybride mêlant opérette, revue et happening (Barbe Bleue, 1977) En 1978, les théâtres du monde entier découvrent son œuvre phare Café Muller, œuvre expressionniste qui nous conte son enfance. A partir de là, toutes ses œuvres se nourrissent de l’improvisation de ses danseurs, des questions qu’elle leur pose sur leur passé. Les succès se suivent et se ressemblent peu malgré une griffe reconnaissable entre toute : Konktakhof (1978), Nelken (1982). A partir de 1989, elle opère un nouveau virage avec Palermo, Palermo. Elle se met à revisiter une ville ou un pays, qu’elle a découvert au fil de ses tournées, sold out systématiquement. Der Fensterputzer (1997) nous narre Hong Kong, Masurca Fozo (1998) Lisbonne. Là encore le style reste reconnaissable : formes processionnelles, répétitions envoûtantes des gestes anodins, accumulations de gestes…
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