| PUBLICITE |
|
13 Juillet 2007
La danse comme art total Fils du philosophe Gaston Berger, il vient à la danse sur conseil médical. Fasciné par le personnage de Serge Lifar, il poursuit sa formation classique malgré des débuts ingrats. Engagé chez Roland Petit (1948) puis dans les Ballets Cullberg, il règle pour l’Opéra de Stockholm un des ses premiers ballets L’oiseau de feu. En 1953, il crée sa compagnie les Ballets de l’Etoile et ne tarde pas à révolutionner le petit monde de la danse avec Symphonie pour un homme seul (1955). Sur une musique concrète qui déconcerte les balletomanes, il brosse le portrait d’un homme seul contre tous (à savoir contre une société agressive et rétrograde). Dès lors il affirme son goût de la différence, qui plaît très peu aux Français. Las, il quitte le pays. Cette différence explose véritablement avec Le sacre du printemps (1958), ballet pulsionnel et novateur. Le succès mondial que remporte ce ballet lui permet de créer une compagnie d’envergure en Belgique, où il n’aura de cesse de peaufiner le style Béjart : un néo-classicisme qui mêle dynamisme, expressionnisme et tous styles de danse contemporaine, jazzy ou exotiques, sans pour autant remettre en cause le langage héritée de la tradition classique. Son œuvre autobiographique est pensée comme l’expression d’un art total mettant à contribution toutes les religions et philosophies existantes, tour à tour égrenées au fil des ballets. Les thématiques béjartiennes passent ainsi en revue toutes les grandes figures de la mythologie et de la religion tout comme les grands hommes du panthéon de la culture (Baudelaire, Nijinski, Rimbaud, Mozart…). Le vieux rêve de théâtre total qu’imagine Maurice Béjart, passé les premières heures de l’innovation, va tourner à vide lorsque ce dernier se constitue un « parc gestuel » dont il ne sort que très peu. Si les thématiques sont sans cesse renouvelées et en parfait accord avec son temps, la gestuelle, elle, mouline dans un néo-classicisme pesant. (Nijinski, clown des Dieux souffre ainsi d’une mise en scène étouffante qui efface une chorégraphie pourtant éblouissante, interprétée par un Jorge Donn au top de son art.) Le grand public, lui, est toujours au rendez-vous et cette récompense semble la plus précieuse aux yeux du créateur.Les grandes heures béjartiennes ont produites cependant des œuvres essentielles : Boléro (1960), Roméo et Juliette (1966), Messe pour le temps présent (1967), Nuit obscure (1968) qui font de Maurice Béjart un des chorégraphes incontournables du XXième siècle. Son empreinte est toujours aussi vivace, notamment grâce à son école MUDRA, crée dans les années 60’s et qui forme de nombreux chorégraphes de renom depuis son existence : Dominique Bagouet, Anna Teresa de Kersmaeker, Maguy Marin…
|
Lettres |