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13 Juillet 2007
Une recherche ininterrompue du mouvement Une formation des plus classique et complète (allant des pointes aux claquettes en passant par le chant) mène Trisha Brown à l’enseignement dès ses 23 ans. Mais la pratique assidue des cours de Cunningham et surtout du pédagogue Robert Dunn (principes de l’indétermination) la pousse à réfléchir sur la toute puissance du chorégraphe démiurge. Sa rencontre avec la fine équipe de la Judson Church (Ann Halprin, Simone Forti, Yvonne rainer, etc) en 1962 la convainc de pousser ses recherches sur le processus de création. Un premier cycle de pièces Equipment piece (1964/74) répond à une de ses questions favorite et vaste : Où commence la danse ? Apparemment dans des lieux incongrues et très loin des théâtres cossus puisque la jeune chorégraphe investit des lieux publics (gare, parc, toit d’immeuble) pour présenter ses œuvres au mouvement fluide, tumultueux et défiant toutes les lois de la gravité (Planes, 1968). L’exemple le plus impressionnant étant : Man walking down a side of building (1970) où elle marche sur un plan vertical en gardant la qualité du mouvement. Passée cette période antigravitationnelle, Trisha Brown entame un second cycle, étalé de 1971 à 1978, qui interroge l’accumulation du mouvement. Le principe est d’accumuler un deuxième mouvement au premier, puis un troisième aux deux précédents créant ainsi « un dépôt de mouvements » comme le souligne Laurence Louppe. Ces accumulations annoncent le courant minimaliste à venir. Avec Steve Paxton, elle travaille sur le contact improvisation, jeu de partage de poids entre plusieurs personnes qui permet de faire circuler le centre de gravité de l'ensemble tel un jeu de réajustement d'équilibre, de stabilité en mouvement. Après avoir fait table rase de nombreux préceptes et poncifs qui empêchaient la danse de se trouver de nouveaux horizons, la chef de file des post-modern américains investit enfin les théâtres et propose un Glacial Decoy époustouflant (collaboration avec Rauschenberg). Elle ne cesse depuis de s’entourer de plasticiens de renom pour les décors, costumes et autres mises en scène : Newark (1987) avec Donald Junn. Un cycle en chasse un autre : ainsi le « Cycle héroïque » laisse place à celui du « Back to zero ». Il s’agit alors d’une quête du mouvement non anticipé privilégiant les ralentis, les hésitations et l’immobilité. L’ambiance pesante et dramatique décontenance encore et toujours mais Trisha Brown relève son défi : se renouveler en proposant de nouveaux concepts dansés. Aujourd’hui elle revisite les grands thèmes de la musique, estimant sans doute avoir fait le tour du silence. Sa danse, elle, y gagne en structure et géométrie. http://www.trishabrowncompany.org
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