« En allant de l’ouest à l’est »

 

            Passée une enfance peuplée de tutu et de pointes, Susan Buirge découvre la danse moderne à la Julliard School of Music où une bourse d’étude lui permet de suivre les classes de José Limon, Martha Graham et Louis Horst.

Nous sommes en 1962 et dès sa première année d’étude elle crée Trilogie. L’année suivante elle rejoint la compagnie d’Alwin Nikolaïs et ce pour quatre années. En 1970, elle permet à la France de sortir de son marasme académique en fondant les premiers vrais cours de danse contemporaine avec son Danse Theatre Experience qui deviendra cinq ans plus tard le Susan Buirge Project. Elle devient alors la professeur la plus underground et recherchée des danseurs en mal de formation hors- classique (avec sa consoeur Carolyn Carlson).

            Son style minimal, sobre et dans la répétitivité, rompt avec l’esthétique de Nikolaïs dont elle fut une des plus flamboyantes interprètes (même si les danses abstraites se nourrissent de la puissance émotive du mouvement dans la lignée de son maître). Parcelle de Ciel (1985), qui scelle sa notoriété, résume assez bien sa danse conceptuelle, qui rejoint les courants minimalistes abstraits et sensuels.

            Après avoir participé à l’introduction des grands préceptes de la danse contemporaine américaine en France (performances dans les lieux publics, remise en question du rôle du chorégraphe, collaborations avec des plasticiens), elle décide de parcourir le monde pour se nourrir d’autres traditions, quittant la scène en 1990 avec Grand Exil.

            C’est au Japon qu’elle décide de poser ses valises après des années d’errance et de recherches où elle crée depuis 1992 des œuvres à la sérénité contemplative. En témoigne le « Cycle des saisons » avec Kin-iro no kaze no kanata (1994-1998). L’annonce de son retour en France, où elle a refondé une nouvelle compagnie, fut très bien accueilli comme ses dernières créations : At a cloud gathering en 2006 fit forte impression lors de sa présentation.