Répétition, répétition, répétition…

           

           Comme beaucoup de danseuses américaines, Lucinda Childs découvre la danse moderne lors de son entrée à la faculté. Elle s’initie auprès d’Hanya Holm, puis de Cunningham et Robert Dunn avec sa consoeur Yvonne Rainer. C’est à cette période qu’elle expérimente à tout- va une gestuelle en ébullition auprès de la Judson Church, temple des post modern : Pastime, 1963 ; Geranium, 1965.

            Elle fonde sa compagnie en 1973 où elle privilégie une danse minimaliste et répétitive, exécutée dans le silence. Ses danseurs se déplacent sur scène suivant un schéma complexe de figures géométriques que la chorégraphe imagine. La répétitivité, l’énergie et le rythme créent une sensation de mouvement perpétuel et d’élégance cosmique. Son travail s’attelle surtout à l’observation et l’expérimentation des données de la perception du mouvement par le spectateur, notamment à travers sa répétitivité.

            En 1976, elle remporte un triomphe personnel grâce à son interprétation du solo d’Andy Degroat dans Einstein on the beach de Robert Wilson. Trois ans plus tard, elle signe sa plus belle création : Dance qui marque l’apparition de la musique dans son oeuvre (de Philipe Glass notamment).Au contact de la musique sa danse se fait plus élastique, moins sportive.

             Elle poursuit ses collaborations avec des plasticiens reconnus (Sol Lewitt) en même temps que sa gestuelle devient plus académique : Available light (1983), Calyx (1987) puis revient à son minimalisme du début dans le courant des 90’s : Concerto  (1993) au moment ou ses recherches font des émules auprès des jeunes générations.