Tout pour la musique

            Une formation à Mudra (1978/80), un passage à New- York et voici la bondissante Anne- Teresa prête à imposer sa danse tourbillonnante en Belgique, avant de conquérir le reste du monde.            

            Avec Michele Anne de Mey elle compose son premier coup d’essai prometteur : Faze (1982) sur une musique de Steve Reich. Déjà le rapport danse/musique intrigue. Mais c’est en 1983 avec Rosas danst rosas que la consécration internationale est assurée. Figure de proue de la nouvelle danse flamande, elle impose très rapidement une gestuelle reconnaissable entre toute : vigoureuse, ludique, faîte de spirales étourdissantes à la rapidité rarement atteinte. Le public se prend illico d’affection pour cet univers faussement innocent, peuplé d’adolescentes vigoureuses.           

             Ayant rapidement réglé la question de la gestuelle, Anne-Teresa de Keersmaeker se penche sur la question de la composition chorégraphique et des rapports que sa danse entretient avec la musique. Constatant que la musique contemporaine a atteint un niveau de complexité que la danse est loin de proposer, elle décide de se confronter à des partitions musicales peu propices au mouvement dansé.            

            Les spectacles qu’elle monte à partir des œuvres de Bela Bartok font forte impression : Bartok/Aantekenigen (1986). Avec ce compositeur hongrois, elle trouve toute la complexité rythmique qu’elle cherche à explorer (Mikrokosmos, 1987). Tout en continuant de questionner les rapports danse/musique, au tournant des années 90, elle aime à chorégraphier des œuvres plus composites mêlant tour à tour le chant, le texte, la vidéo (Stella, 1990)           

            L’invitation en résidence au Théâtre de la Monnaie de Bruxelles que lui propose Gérard Mortier va s’avérer être une nouvelle étape dans la recherche de la chorégraphe. On lui propose de mettre en mouvement des partitions  avec l’orchestre de la maison. Elle relève le défi avec classe dès son premier ballet : Mozart/Concert Arias (1992) présenté au Festival d’Avignon. Puis elle crée Toccata sur une musique de Bach (1994).1995 marque l’année de la création de son école PARTS, haut lieu d’enseignement très couru.

            Après des créations plus théâtrales (Just Before, 1997) ou des vidéos comme Erwartung (1995), Anne Teresa De Keersmaeker fait un retour remarqué à la danse pure avec la pièce Drumming (1998) avant de signer  son chef-d'oeuvre Rain (2001). S’ensuivent des créations plus intimistes où Anne Teresa de Keersmaeker est seule sur scène comme pour Once (2002) sur la musique de Joan Baez ou accompagnée de quelques danseurs( Desh et Raga for the rainy season, 2005) utilisant la musique traditionnelle indienne et le chef-d'oeuvre de John Coltrane, A Love Supreme.

http://www.rosas.be