Go west !

            Bien qu’Agnès de Mille semble toute destinée aux planches de Broadway ou aux studios d’Hollywood, au vu de l’héritage familial (son oncle est le fameux réalisateur Cecil B De Mille), elle décide de choisir une voie moins aisée : celle de la danse et de la chorégraphie. Ce ne sera qu’après des années de travail que son incroyable talent est reconnu, devenant la chorégraphe la plus appréciée des comédies musicales.           

            Poussée très jeune à se produire sur scène ou dans des petits films, Agnès prend nonchalamment des cours de pianos, la danse jugée vulgaire par l’autorité parentale lui étant interdite. Pourtant elle sait que son destin est la danse, surtout après avoir assisté à une représentation d’Anna Pavlova. Heureusement pour elle des raisons médicales poussent ses parents à l’inscrire à un cours de danse.            

             A 13 ans, elle commence une formation de danse classique, qu’elle parfait plus tard avec Marie Rambert et David Tudor. 10 ans plus tard, elle se produit en soliste à New -York et débute en tant que chorégraphe avec The Black Crook (1929).            

           L’Europe, et notamment l’Angleterre, lui commande de nombreux ballets dans le courant des années 30. Malgré sa volonté à chorégraphier aussi bien pour le cinéma, le théâtre ou pour des compagnies, Agnès De Mille vit dans une pauvreté étonnante comparée au faste de sa famille. C’est en revenant définitivement aux Etats-Unis et en acceptant de travailler pour l’American Ballet Theater qu’elle asseoit enfin sa réputation grâce notamment au ballet Black Ritual (1940) qui met en scène pour la première fois des danseurs noirs. Durant plus de 50 ans, elle continue cette heureuse collaboration qui lui a ouvert les portes de la célébrité.           

           Les raisons de son succès dans son pays sont assez simples à deviner : elle fut la premières des chorégraphes classiques à avoir puisé dans le patrimoine de son pays. La culture (Rodéo), une page d’histoire (The Harvest According),            

            En 1942, les Ballets de Monte Carlo, qui fuit l’Europe nazi, lui propose de monter un ballet : Rodeo. Le succès énorme qu’il remporte lui ouvre les portes de Broadway. A partir de cette date, elle ne cesse d’enchaîner les triomphes : Oklahoma ! (1943), Carousel (1945) ou encore Gentlemen prefer Blondes (1949). Elle révolutionne la fonction de la danse dans les musicals en l’intégrant complètement à l’intrigue, concevant la chorégraphie comme un révélateur de la psychologie des protagonistes ou faisant progresser l’action. Elle est ainsi la chorégraphe qui fait entrer la comédie musicale dans l’ère moderne.Et devient ainsi une des personnes les plus influentes de la vie culturelle américaine, défendant jusqu’à sa mort les intérêts des professions artistiques.