Immanquable rendez-vous des balletomanes, le Gala des Etoiles du XXI ème siècle, édition numéro 12, a offert encore une fois son lot d’émotions à son public. Dans les alcôves très années 30 du Théâtre des Champs Elysées résonnent encore les Bravo et hourra de grandes dames bien de leur personne, les claps dynamiques d’apprentis danseurs enivrés par tant de virtuosité sans oublier les cris hystériques (féminins et masculins) à l’endroit de Daniil Simkin, nouveau roi de la danse classique sacré en ce même lieu il y a déjà deux ans et star incontesté de cette saison.Un tel raffut était-il mérité ? Oui assurément, car il faut avoir vu au moins une fois dans sa vie un Gala de cet acabit. Tant de virtuosité paraît tout bonnement impensable. Pourtant de ces pas de deux triés sur le volet, tous issus du plus exigent répertoire classique et néo-classique, et qui vous invitent au voyage et à la re(découverte) de chef d’œuvres nait la frustration. Celle de regarder une chorégraphie amputée, réduite à un de ses acmés. Au diable l’univers et l’histoire que l’œuvre est supposée planter et raconter, on se raccroche là à la seule technique des danseurs. Pourvu qu’elle soit divine pour rêver un tant soit peu…Et elle l’a été : la fratrie Semoniov (Polina et Dmitry) a brillé dans Le Corsaire, les danseurs français Sophie Martin du Scottish Ballet, Aurélie Cayla et Yvan Dubreuil, piliers du Nederlands Dans Theater, jusqu’alors inconnus du public parisien, ont agréablement surpris l’audience, quant aux trop courts extraits des œuvres de Jiri Kylian et Leo Mujic, ils l’ont hypnotisé… Daniil Simkin, lui, est aujourd’hui au cœur d’une polémique : est-il oui ou non le nouveau Noureev et si oui mérite t-il ce titre ?Controverse stérile pour une soirée qui prouve si nécessaire que le classique est bel et bien vivant et que le néo-classique opère un revival des plus vigoureux. Bonne nouvelle des étoiles, non ?Le vendredi 19 septembre 2009.Cédric CHAORY.