Le magazine

FESTIVAL NOUVELLES STRASBOURG DANSE PERFORMANCE

DU MARDI 21 AU VENDREDI 31 MAI 2013

 

De quoi sommes-nous faits ? De notre histoire, de l’Histoire, de nos souvenirs, de nos origines, de notre environnement, de notre réflexion sur le monde, … ? Nous sommes tous faits d’un peu de tout cela. Agitateurs, trublions, esthètes, chercheurs, pourfendeurs de sens, les artistes invités lors de l’édition 2013 du festival Nouvelles Strasbourg Danse Performance, cultivent presque tous les jardins d’un hier éclairés par l’histoire d’aujourd’hui, voire de demain.

József Trefeli, jeune danseur suisse revisite les danses hongroises de ses parents. Fatou Cissé et Andreya Ouemba nous invite dans le Sénégal d’aujourd’hui, en prise avec tous les clichés d’une culture qui change. Andréa Sitter nous livre son histoire de danseuse qui a traversé l’Histoire de la danse. Les Etonnistes de Stéphanie Aubin racontent sur le plateau leurs premières émotions scéniques. François Verret s’intéresse à la « Grande Guerre » de 14/18. Louis Ziegler met au goût du jour des danseurs folkloriques alsaciens. David Rolland guide nos pas en direct. Martin Schick nous initie au Post-Capitalisme militant. Mathilde Monnier réinvente le marathon de la danse d’après-guerre. Benoit Lachambre replonge dans l’énergie musicale de Janis Joplin. Michel Schweizer s’empare des pensées des ados sur le monde, tandis qu’Olivia Grandville donne le ton général avec son cabaret « discrépant » en s’appuyant sur les textes « dada » d’Isidore Isou datant des années 20.

Beaucoup de références à l’Histoire donc, mais aussi beaucoup de décalages, de frottements, de déplacements des sens avec la fameuse « journée particulière » organisée avec le FRAC Alsace, qui invite cette année des performeurs étonnants comme Catherine Baÿ, Tsuneko Taniuchi, Clédat et Petitpierre, Androa Mindre-Kolo, Guillaume Desanges. Sculptures vivantes, commandos poétiques, performances graphiques et fausses conférences nous transporteront sur d’autres chemins imaginaires à travers la campagne alsacienne, dans des galeries, des jardins et des châteaux en ruine. Vingt deux équipes artistiques, issues de la danse et de la performance, des chorégraphes et performers d’âge et d’origines très disparates vont donc tenter de réinventer le monde. Un monde grave et passionnant dont chacun s’empare avec malice et qui repose une fois encore la question de la relation entre Tradition et Modernité.

http://www.pole-sud.fr/

(communiqué de presse)

Carolyn Carlson, regards gestes et costumes, recueil de photographies par Raphaël-Didier de l'Hommel

 

Les éditions Rolland annoncent la sortie du livre Carolyn Carlson - Regards, gestes et costumes, un recueil de photographies inédites de Raphaël-Didier de l’Hommel. Un livre en édition bilingue français anglais qui présente également des calligraphies réalisées par Carolyn Carlson elle-même.

Carolyn Carlson a insufflé une énergie nouvelle dans la danse contemporaine, créant dans ses spectacles un univers visuel et poétique qu’elle partage dans le monde entier avec un public de toutes les générations. Raphaël-Didier de l’Hommel se passionne pour le travail de Carolyn Carlson, dont il a photographié les représentations depuis 1988. Il a su capter les émotions enivrantes que procure l’art de la danseurse en plein travail. 

Les photographies qu’il a choisi de présenter dans cet ouvrage, parfois prises lors d’improvisations exceptionnelles, témoignent de l’admiration et du respect qu’il voue à Carolyn Carlson. Il a imortalisé la beauté des gestes, les regards envoutants et les costumes originaux de la célèbre danseuse et chorégraphe dont l’œuvre unique continue ainsi de vivre sur le papier glacé.

Carolyn Carlson, regards, gestes et costumes - Raphaël-Didier de l'Hommel (Editions Christian Rolland)

 

L’éternité retrouvée

Elle est retrouvée

Quoi? - L'éternité

C'est la mer allée

Avec le soleil …

 

L’éternité, poème d’Arthur Rimbaud, a profondément marqué Uhio Amagatsu. En 1975 lorsqu'il crée la compagnie Sankai Jutsu (choses de la montagne et de la mer), il va chercher à exprimer cette « continuité » toujours renouvelée, souvenir de cette émotion ressentie devant les spectacles d'Hijikata, fondateur du Butô « aussi éblouissant que la lumière de l'aurore »...

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Embarquement délicat

Subliminati, c’est cinq artistes aux origines et numéros divers. Une énergie irréprochable, de la poésie évidemment, mais aussi des moments de malaise certains.

L’histoire serait celle de personnages politiques célèbres, de Berlusconi à Obama en passant par Castro. Mais ça n’est pas vraiment cela non plus. Ces personnages sont un prétexte à mettre en lumière des personnalités qui se rencontrent, s’affrontent et cherchent un rapport au monde. Le parcours des uns et des autres sont l’occasion de numéros d’acrobaties incroyables, de jonglages avec massues ou chapeaux, mais aussi de human beat box. Tout au long de la pièce l’énergie est palpable. Elle se déploie sans retenue que ce soit pour inciter le public à encourager Obama à sauter d’une échelle, ou lorsqu’il s’agit de faire danser cette femme pourtant timide et discrète.

Ce chœur d’hommes, nous contant en vrac des scènes de ce monde ci, dégage une envie très forte, communicative, d’être ensemble malgré tout. Du rire jubilatoire voire expiatoire, au malaise le plus grinçant, il n’y a qu’un pas. Pas qu’ils franchissent assez facilement et c’est sans doute ce qui peut désappointer le spectateur. On est parfois, lorsqu’un des personnages enfonce un énorme couteau sur tout son corps, ou encore lorsqu’il est imposé à une femme de montrer son sexe, dans une surexposition, une impudique monstration de la douleur et de l’humiliation. Comment sortir de ces moments où les regards se détournent du plateau, où voir devient insupportable ? Seule la poésie et une bonne dose de loufoquerie peuvent nous faire dépasser la violence exprimée. Qu’à cela ne tienne ! Le tourbillon d’humour et d’énergie interrompt le laid. Un jongleur s’apprête de chapeaux. Chaque partie de son corps se voit chapeautée, le temps d’une demie seconde, d’un souffle. La lumière dessine son buste nu et l’on ne voit plus que ces chapeaux qui vont et viennent, et s’arriment à la moindre surface du corps du jongleur. Et puis, il y a des moments d’énergie pure où danse et acrobatie se confondent pour sans cesse s’aventurer sur une table, en explorer la surface, l’espace qui l’entoure. Le corps de l’acrobate ne cesse de rebondir, de s’élancer, de s’échapper, d’esquiver pour former un parfait duo avec la matière.

#File_Tone est un spectacle étonnant car au premier abord quelque peu décousu. On ne saisit pas toujours le fil conducteur. Et c’est peut-être là le propos. Insaisissable, à l’image de notre monde. Il y a assurément dans ce collectif d’artistes une incroyable force de propositions qui porte le spectateur vers des chemins originaux, parfois risqués mais toujours sincères.

Louise Dutertre.

Le vendredi 26 avril 2013 - Festival Hautes tensions (Grande Halle de la Villette - Paris)

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